Six mois à subir les transports
Au début, il fait comme tout le monde : le bus, puis le RER A, chaque matin. Six mois durant, il encaisse les perturbations, les retards et le stress. La ligne A, l’une des plus fréquentées, lui réserve son lot quotidien de rames bondées et d’incidents. « On part sans jamais savoir à quelle heure on va arriver », résume-t-il. Usant.
Le déclic électrique
Lassé, il décide de tenter le vélo à assistance électrique. Vingt kilomètres séparent son domicile de son bureau, qu’il boucle désormais en une cinquantaine de minutes, montre en main.
L’essai tourne vite à l’évidence. « Je ne reviendrais en arrière pour rien au monde aujourd’hui », sourit-il. Le VAE lui permet d’avaler ces kilomètres sans arriver en nage, tout en se dépensant. « Même si c’est de l’électrique, on pédale : c’est bon pour le cardio. Je le sens dans mon corps. »
Un trajet comme une carte postale
Mais ce qui a définitivement conquis Stéphane, c’est l’itinéraire. Son parcours longe la Seine face à la Tour Eiffel, file vers les Champs-Élysées et déroule les plus beaux monuments de la capitale. « Je me sens privilégié de traverser la plus belle ville du monde chaque matin. » Là où le RER l’enfermait sous terre, le vélo lui offre Paris à ciel ouvert.
Moins de stress, enfin maître de son temps
Au-delà du décor, c’est la sérénité qui a changé la donne. « Je sais quand je pars, je sais à quelle heure j’arrive. » Fini l’angoisse des annonces de trafic et des correspondances ratées. Le vélo lui a rendu quelque chose de précieux : la maîtrise de son temps.
L’envers du décor : la météo et les autres
Tout n’est pas parfait pour autant.
Le premier inconvénient, c’est la météo, qu’on ne maîtrise jamais, mais que l’on peut toutefois anticiper grâce aux applications. « J’ai aussi toujours ma cape de pluie dans ma sacoche », glisse-t-il.
Le second inconvénient, ce sont… les autres. Stéphane pointe les nombreuses incivilités croisées sur sa route : trottinettes surgissant de nulle part, cyclistes qui grillent tous les feux, utilitaires en double file pour les livraisons, conducteurs comme cyclistes le nez sur leur téléphone. « C’est souvent ça, le vrai danger. »
Une seule vraie frayeur en cinq ans
En cinq ans de trajets quotidiens, il n’a connu qu’une seule véritable frayeur : une portière de voiture ouverte sans regarder, juste devant lui. « Plus de peur que de mal. J’ai crié, ce qui a fait réagir l’automobiliste. » Bilan : un énorme hématome sur la main droite, et une piqûre de rappel sur la vigilance à garder, même quand on connaît son trajet par cœur.
« Mon seul regret… »
Aujourd’hui, Stéphane ne se voit plus faire autrement. Son histoire, c’est celle de milliers de citadins qui, un matin, troquent la rame bondée pour deux roues et redécouvrent le plaisir d’aller travailler. Et s’il devait formuler un seul regret, ce serait sans doute de ne pas avoir sauté le pas plus tôt.